AIDER VOTRE CHAT A RESTER ENFERMÉ

 

Les temps s’annoncent difficiles pour nos chers compagnons, car la menace de la grippe aviaire nous pousse à les enfermer afin qu’ils ne soient pas contaminés par le virus H5N1. Et c’est n’est pas une mesure uniquement utile pour les animaux, mais aussi pour nous : on limite ainsi les risques que le virus ne mute pour devenir transmissible à l’homme.

Mais comment les chats vont-ils vivre cet enfermement ? Comment vont-ils se comporter ? Que peut-on faire pour les soulager ?

 

Le confinement

Liberté chérie ! Le problème se pose surtout lorsque l’on prive de liberté un chat qui est d’ordinaire habitué à sortir comme bon lui semble, ou même quand on l’y autorise. Parce que, quoi qu’on en dise, l’animal est instinctivement fait pour vivre en extérieur, et non pas en intérieur. Certes, passé un certain âge, le chat accepte plus volontiers de rester près des radiateurs de la maison qu’à l’extérieur dans le vent froid de l’hiver. Mais le jeune chat et le chat adulte sont moins farouche : c’est bien dehors qu’ils souhaitent pouvoir faire leur vie.

C’est d’autant plus vrai lorsqu’ils sont habitués à vivre dehors dès leur enfance. Cette liberté lui apporte entre autre un bon équilibre émotionnel et physique : ils peuvent se dépenser autant qu’ils en ont besoin, profitant de ce que la vie leur réserve, ce qui les tient en alerte et en bon éveil sensoriel.

D’où la grande difficulté du confinement. Pourquoi les aviculteurs souhaitent-ils tant pouvoir libérer leurs volailles ? Parce que celles-ci ne sont pas habituées à rester enfermés, et elles développent des comportement de mutilation et d’agressivité les unes envers les autres, ce qui les « abîmes » (elles se déplument entre elles, se donnent des coups de becs violents, vont même parfois jusqu’à se blesser sérieusement, voire même s’entre-tuer !).

Aussi horrible que cela puisse paraître, c’est la dure réalité de cette mesure obligatoire.

 

Nos chats risquent-ils la même chose ? Et bien presque, malheureusement. Le confinement imposé peut perturber sérieusement les chats qui sont habitué à la liberté. Les chats qui sortent de temps en temps ne s’en sortiront pas complètement indemnes non plus. Cela ne concernent évidemment pas les chats qui ne sortent jamais. Pour une fois, ce sont eux les plus chanceux.

 

Les signes d’un malaise

Un chat que l’on maintient enfermé alors qu’il est habitué à vivre dehors commencera d’abord, inlassablement, à miauler pour qu’on le laisse sortir. Il grattera aux portes, vous réveillera tout au long de la nuit, et sera insatiable tant qu’il n’obtiendra pas satisfaction. Passé un long délai (au moins deux semaines), et si l’on réussi à passer ce cap difficile (ce qui est très loin d’être gagné), le chat commence à montrer des signes généraux d’anxiété, de mal-être, qui se traduisent pas des « crises de folie » le soir de préférence, où le chat court dans tous les sens, miaule étrangement, gonfle ses poils…Puis, il se peut qu’il devienne agressif, qu’on ne puisse plus le caresser sans que cela ne se termine en attaque de sa part. Il peut tout à fait exprimer ce manque de liberté en compensant par de la nourriture aussi, vous réclamant sans cesse à manger (ce qui n’est pas très drôle non plus). Si vous maintenez plusieurs chats enfermés ensemble, cela augure de belles bagarres en perspectives. Ils se supporteront de moins en moins, et, comme les volailles, finiront par se battre pour un rien, se mordront plus fort qu’à l’accoutumée.

Tout dépend pourtant du caractère du chat. Certains exprimeront leur difficulté à rester à l’intérieur en se repliant sur eux-mêmes, ne jouant presque pas, se laissant aller à des siestes de plus en plus longues, se recroquevillant sur des activités des moins en moins nombreuses.

Mais il arrive aussi que les chats « libres » maintenus en confinement temporaire alterne entre des phases de « dépression » et des phases de violente activité et d’agressivité.

 

Pour les chats qui sont peu habitués à sortir, le risque est bien moindre, mais cela ne les laissera pas indifférent cependant. Mis à part le risque qu’ils deviennent tout à coup boulimiques, ils peuvent tout aussi bien se mettre à développer des comportements compulsifs. Ces comportements s’instaurent lorsque le chat n’arrive plus à se décharger de ses tensions (provoquées par l’impossibilité de sortir) et qu’il cherche un exutoire. C’est si fréquent dans les zoos ! L’animal se met à tourner en rond, fait des activités à vide, comme tourner autour de sa queue, se lécher le pelage en permanence, se faire les griffes partout et tout le temps, etc. Tout comportement naturel peut devenir excessif dans un tel contexte.

Evidemment, le grand classique, ce sont les pipis ou cacas faits en dehors de la litière, car c’est le moyen le plus couramment employé par les chats pour se décharger d’un stress ou d’un malaise. A vos serpillières !

 

L’aider à se soulager

La première des choses à faire avec un chat contraint au confinement est de le faire jouer beaucoup plus que d’habitude. Cette dépense d’énergie l’aidera énormément. Cela l’occupera mentalement, et lui permettra de faire bouger son corps un maximum. Les sportifs vous le diront : lorsqu’ils n’ont plus l’occasion de se défouler quotidiennement, ils ressent un profond malaise et n’ont qu’une hâte, c’est de pouvoir retrouver leur entraînement. Chez le chat, c’est le même principe : plus il est habitué à sortir et à se dépenser, plus ce maque sera pressent et violent en lui (ce qui est aussi proportionnel avec la force et la conviction de ses réactions face à l’enfermement).

L’autre chose à faire est de ne pas trop le solliciter au niveau affectif : un chat stressé a surtout besoin qu’on le laisse tranquille si ce n’est pas pour jouer ou le nourrir. En effet, les chats sont bien moins réceptifs aux caresses et ne supportent plus autant d’être enlacés, portés dans les bras et papouillé lorsqu’ils sont nerveux.

Votre compréhension sera elle aussi mise à contribution. Votre chat, ainsi confiné, risque de faire plus de bêtises que d’habitude : pipis en dehors de la litière, agressivité, (il se fera un malin plaisir à vous attraper les chevilles par exemple), renverser des objets, faire le « baroufle » la nuit.

Le punitions, les réprimandes, les colères ne feront qu’aggraver son stress et donc rendre encore un peu plus difficile la situation. Il faut bien être conscient que cette période de confinement sera aussi dure à vivre pour les chats que pour leur maîtres.

Pour les chats qui sont habitués à vivre en permanence en extérieur, il serai peut être envisageable de les enfermer « à l’extérieur ». En fait, le but de ce confinement est d’éviter la contamination de l’oiseau au chat et du chat à l’humain. Mais si l’on est prêt à accepter le risque que le chat puisse attraper la maladie (qui n’est pas toujours mortelle par ailleurs) en le laissant dehors, alors le but du jeu est de ne pas s’approcher de lui et de ne pas prendre le risque de se faire soi-même contaminer. Autrement dit, c’est nous-même que nous enfermons en n’approchant plus notre ou nos chats. Les dommages physiques et psychologiques sont bien moindre pour les chats. Ils peuvent tout à fait rester dehors si on leur installe un abri confortable à proximité de la maison, avec en permanence de la nourriture et de l’eau. Mais il ne faut plus les caresser pour ne pas prendre de risques.

Cela ne vaut que pour les chats qui, de toute façon, ne sont pratiquement jamais en intérieur. Pour les autres, ce que l’on peut faire pour les aider, c’est leur donner des préparations à base de plantes ou des élixirs floraux ou d’autres médecines douces afin de les apaiser.

L’hiver aidant, les chats sont de toute façon moins portés sur l’envie de sortir. Pour une fois, on ne peut que souhaiter que cet hiver dure encore le temps que la menace de la grippe aviaire se soit enfin éloignée, et que l’on puisse à nouveau libérer nos chats…