Cachez votre canapé, le chat fait ses griffes !
Faire ses griffes est un comportement instinctif chez le chat qui lui est aussi enseigné par sa mère au début de sa vie. Il laisse ainsi une marque territoriale visuelle et olfactive sur son passage. A notre grand désarroi qui peut se transformer quelquefois en une énorme exaspération, face aux résultats...
Les griffes, constituées de kératine, sont attachées au dernier os de chaque doigt et, comme nos ongles, elles poussent et se régénèrent continuellement. Se faire les griffes est vital pour un chat, surtout lorsqu’il a accès à l’extérieur. Il les use naturellement lorsqu’il s’en sert pour grimper ou creuser et, pour se défendre, pour grimper et se mettre en hauteur, mais également pour attaquer, chasser et attraper ses proies. Face à une mâchoire de chien ou de renard, le chat n’a guère que ses griffes pour se défendre. C’est son arme la plus efficace.
Le confort ? Le chat adore et se faire les griffes est, pour lui, bel et bien un geste de confort. Il lui permet notamment de se débarrasser des griffes mortes pour laisser la place aux nouvelles, mieux aiguisées et plus performantes. Faire ses griffes est également un mouvement de détente : le chat s’allonge, étire sa colonne vertébrale. De plus, il détend les muscles qui lui permettent la rétraction des griffes. Les félins sont les seuls mammifères à avoir des griffes rétractiles, ce qui ne les gêne pas quand ils marchent. C’est un avantage non négligeable quand on veut chasser et rester discret... Le chien, lui, par exemple, ne peut le faire, et lorsqu’il marche sur du carrelage, il ne passe pas inaperçu !
Voilà pourquoi l’opération qui consiste à pratiquer l’ablation des griffes est si peu recommandée. Très répandue aux Etats-Unis et au Canada, cette pratique n’a d’intérêt que pour les maîtres qui ne veulent pas voir leur intérieur détérioré par les griffures de leur minou. Elle est d’autant plus discutable si le chat vit à l’extérieur : il n’a alors plus aucun moyen de se défendre efficacement, ni d’assouvir ses activités instinctives de chasse et de communication. Et il n’a même plus le plaisir de grimper dans un arbre !
En se faisant les griffes, le chat laisse des traces olfactives, car il a, entre les coussinets, des glandes émettrices de phéromones, qui lui permettent de signaler son passage au nez des autres chats. C’est donc un bon outil de communication.
Mais les griffades servent, avant toute chose, de marquage visuel. C’est lui qui nous dérange, il laisse des traces particulièrement inesthétiques et il est bien difficile de rester stoïque face à un canapé neuf lacéré de toutes parts ! Mais on a beau avoir domestiqué le chat, on ne peut pas l’empêcher d’être ce qu’il est et d’assouvir certains de ces instincts, en l’occurrence le marquage de son territoire. En déchirant le papier peint, l’accoudoir du fauteuil, le coin du canapé, notre minou fait valoir qu’il habite ici et que c’est son territoire. D’ailleurs lorsque plusieurs chats vivent ensemble et ne s’entendent pas très bien, ils ont tendance à se faire beaucoup plus les griffes, pour affirmer, revendiquer le plus souvent possible leur statut et leur territoire.
Le choix du support n’est jamais le fruit du hasard. Le chat cherche à se faire les griffes à un endroit immédiatement visible par les habitants de la maison, qu’ils soient chats ou humains. On retrouvera donc les œuvres de notre cher félin sur des supports situés dans les passages, l’entrée par exemple, mais aussi à côté des portes, ou bien sur des meubles placés au centre des pièces principales. Généralement, le chat choisit un lieu de sorte que l’on puisse admirer son art dès qu’on entre dans la maison ou dans la pièce.
Voilà pourquoi il est recommandé de placer le griffoir artificiel dans des lieux bien visibles, même si c’est contraire à l’esthétisme…S’il est dans un coin discret, le chat risque de le bouder pour un support mieux mis en valeur...
Mais se faire les griffes, c’est aussi « prendre une posture » pour affirmer sa force et sa stature. Cette position permet au chat de se montrer dans toute sa longueur aux autres chats ou même parfois aux humains. Un chat ne se fait pas les griffes de la même façon selon qu’il a un public ou qu’il est tout seul. S’il est en présence d’autres chats surtout s’ils sont inconnus, ou s’il est contrarié, il peut se mettre à faire ses griffes avec beaucoup plus de vigueur. Le but étant de se grandir au maximum et de paraître costaud. Les dégâts occasionnés sont d’autant plus visibles que le chat cherche à faire le plus de marques possible et surtout à montrer combien ses pattes et ses griffes sont puissantes. Là, les dégâts sont surmultipliés...
Faire ses griffes c’est aussi faire plus de bruit. Le but ? Ne pas passer inaperçu et impressionner un maximum. Sur un tronc d’arbre évidemment, cela fait encore plus de bruit, mais un accoudoir de canapé, c’est pas mal du tout, ça résonne. Les observateurs avertis remarquerons que le chat ne manque pas de jeter un œil aux alentours pour voir si son public est réceptif.
Parfois, se faire les griffes est uniquement un moyen que le chat adopte pour attirer l’attention de ses maîtres. Il ne s’agit plus d’un marquage, mais bien d’un appel. Généralement, il se met à griffer divers supports lisses mais bruyant : les portes de la chambre, la moquette derrière les portes, les pieds de tables, les tiroirs de meubles. Le but n’est pas d’esquinter le support mais bien de se faire entendre et de réveiller les propriétaires endormis pour obtenir au choix : de la nourriture, l’ouverture d’une porte, de l’attention, de l’activité, du jeu, des caresses etc. Cela se produit généralement la nuit ou au petit matin, entre 4 heures et 7 heures. Le chat vient de se réveiller et ne trouve rien de mieux à faire pour assouvir ses désirs. Et bien souvent, il obtient gain de cause, car rares sont les maître capables de rester de marbre fasse à un tel tapage. Que l’on s’énerve contre le chat, qu’on le punisse ou qu’on lui donne ce qu’il demande, la moindre de nos réactions lui fait de toute façon comprendre que cela marche : il obtient dans tous les cas une réponse, qu’elle soit positive ou négative, et cela le renforce dans l’idée que c’est un moyen efficace d’attirer notre attention. Voilà pourquoi, face à un tel comportement, surtout s’il devient vraiment problématique, il faut tenir bon et ne jamais répondre à cet appel : pas un mot, pas un geste, pas un regard ne doivent être adressé au chat, (et surtout pas de temps en temps, ce serait pire !), et ce, pendant au moins deux semaines pour faire perdre au chat cette mauvaise habitude. Cependant, il faut savoir qu’un chat qui ressent un mal-être, et surtout qui manque d’activité aura tendance a adopter ce comportement. Il faut donc sérieusement penser à lui offrir une compensation en journée pour pallier à ce malaise si l’on veut obtenir de bon résultats : un autre compagnon de jeu, plus d’activités par le jeu et moins de caresses, plus de sorties.
Le chat a souvent plusieurs endroits pour se faire les griffes : un qui lui sert à communiquer et marquer son territoire, et un autre, moins visible, plutôt utilisé pour la détente.
Si l’on n’offre aucun support au chat pour qu’il puisse s’y faire les griffes, on aura rapidement la mauvaise surprise de le voir assouvir ce besoin sur des endroits que l’on voudrait garder impeccable. Autant prévoir et offrir au chat un bon griffoir, correctement placé et agréable d’utilisation.
Le griffoir idéal doit répondre aux besoins du chat : la matière dont il est fait doit être assez efficace pour l’aider à se débarrasser de ses vieilles griffes. Il doit être placé de manière stratégique pour être facilement visible, assezgrand pour que le chat puisse s’y étendre sur toute sa longueur et suffisamment stable pour qu’il griffe de toute sa force sans le renverser. C’est souvent le cas malheureusement des arbres à chat de faible hauteur, qui n’ont aucun stabilité. S’il ne répond pas à ces critères, l’arbre est déserté sans le moindre remord par minou. Un griffoir apprécié du chat, un tronçon d’arbre, assez lourd pour rester immobile avec, en prime, une odeur bien agréable pour lui.
Ne vous faites pas d’illusions, il est impossible d’empêcher votre chat de faire ses griffes mais vous pouvez limiter les dégâts :
- Gardez ses griffes courtes, coupez-les lui avec une pince coupe griffes achetée chez votre vétérinaire.
- Lorsqu’il fait ses griffes sur votre meuble d’époque, dites « non » fermement, amenez-le à l’arbre à chat ou à son griffoir. Pour inciter votre chat à se servir de cet arbre que vous aurez mis à sa disposition et sur lequel vous aurez frotté de l’herbe à chat, amenez minou à l’arbre, prenez ses deux pattes avant et faites le geste de griffer. Sachez que les chats préfèrent les surfaces qui ont déjà été griffées.
Si toutes ces mesures s’avèrent infructueuses, cachez-vous et aspergez le museau de votre chat avec un vaporisateur rempli d’eau citronnée.